NeuraLink: et si la télépathie était à portée d’esprit?

Aujourd’hui au programme, on va vous parler d’Elon Musk, de singes macaques, de Jeux-Vidéos et de contrôle mental. Qu’est-ce-que ces choses ont affaire les unes avec les autres? On le verra dans cet article.

Elon Musk nous a habitués à des tweets controversés, qui influent sur les cours boursiers et provoquent la rage des régulateurs financiers US. Mais la vidéo qu’il a postée récemment a provoqué l’émerveillement de certains, l’horreur d’autres et une lueur d’espoir pour des milliers.

La vidéo montre Pager, un macaque de neuf ans jouant à Pong, un jeu vidéo de Tennis old-school, avec son esprit, comme par télépathie.

L’exploit a été réalisé grâce à un implant cérébral conçu par NeuraLink.

NeuraLink est une société de neuro-technologie, fondée entre autres par Elon Musk, et qui développe des interfaces cerveau-machine implantables.

La société a publié sur son blog un article accompagné d’une vidéo montrant certaines de ses récentes nouveautés, notamment l’utilisation de son matériel pour permettre à un singe de jouer aux jeux vidéo avec son seul cerveau.

Cette vidéo qui semble sortir tout-droit d’un film de science-fiction révèle les progrès énormes réalisés par NeuraLink depuis son événement livestream précédent d’Août 2020 au cours duquel, un cochon nommé Gertrude avait eu un implant cérébral qui surveillait les neurones de son museau et affichait les signaux neuronaux en temps réel sur un écran.

1 – Comment fonctionne Neuralink?

La vidéo montre Pager le singe, qui a eu un NeuraLink implanté dans son cerveau 6 semaines auparavant et à qui on a appris à jouer à des jeux avec un joystick.

Il est bien récompensé pour sa séance gaming avec des smoothies banane qu’il sirote tranquillement à travers une paille.

En premier lieu, l’activité cérébrale de Pager est surveillée par l’application NeuraLink connectée à l’implant dans son cerveau via Bluetooth.

Application Neuralink

Les données recueillies par l’implant sont ensuite enregistrées et passées par un algorithme de décodage.

L’algorithme va ensuite être utilisé pour prédire l’activité neuronale qui correspond aux mouvements du joystick de Pager.

En d’autres termes, le décodeur est utilisé pour voir quelles parties du cerveau de Pager étaient activées lorsqu’il faisait certains mouvements avec le joystick.

Après calibrage, les signaux du décodeur sont ensuite utilisés pour déplacer le curseur dans le jeu à la place du joystick.

La vidéo montre Pager qui s’habitue progressivement à jouer au jeu, qui consiste à placer un curseur sur un carré orange, sans la manette.

Après un peu de pratique, il semble avoir réussi à contrôler le curseur avec son esprit, bien qu’il continue à bouger le joystick débranché, par la force de l’habitude.

NeuraLink Pager

Vers la fin de la vidéo, on voit Pager qui joue à Pong, sans joystick. Il fait bouger la raquette comme par télépathie. Et il est assez bon. Même quand les ingénieurs haussent le niveau de difficulté, Pager est à la hauteur du défi. Bien joué Pager!

 

2 – À quoi va servir Neuralink?

Comme vous vous en doutez bien, l’objectif de Neuralink n’est pas d’entraîner des macaques à devenir des gamers professionnels.

Bien que parmi les capacités que Musk a évoquées, il y a le contrôle des interfaces de jeux vidéo, notamment le contrôle total de Starcraft. On peut aussi citer la possibilité d’invoquer votre Tesla par la pensée. Oui j’ai bien utilisé le mot “invoquer”!

Le but à moyen terme est néanmoins plus pratique: aider des humains à faire plein de choses seulement en y pensant, notamment commander l’écran tactile d’un iPhone, voire aider à la saisie sur un clavier virtuel. Ce qui pourrait aider énormément de gens souffrant de handicaps.

En juillet 2019, Musk avait déclaré qu’un singe avait déjà été capable de contrôler un ordinateur avec son cerveau à travers l’implant Neuralink.

Musk a depuis tweeté que Neuralink pourrait permettre à une personne paralysée de tweeter plus rapidement qu’une personne utilisant ses pouces sur un smartphone.

Un objectif plus ambitieux, a-t-il ajouté dans un autre tweet, sera d’envoyer des signaux d’implants dans le cerveau à des implants dans d’autres groupes de neurones dans le corps, permettant ainsi, par exemple, à des paraplégiques de marcher à nouveau.

Elon Musk a également déclaré qu’à l’avenir, il s’attendait à ce que les personnes équipées d’un NeuraLink puissent sauvegarder et rejouer des souvenirs.

Il a ajouté la mise en garde suivante :

Cela ressemble évidemment de plus en plus à un épisode de Black Mirror, mais bon, je suppose qu’ils sont plutôt bons pour prédire.

Il est même allé jusqu’à dire que l’on pourrait potentiellement télécharger des souvenirs dans un corps de robot. Bon, ça ça ressemble plus à Westworld qu’à Black Mirror, mais on reste dans le theme!

La vidéo de Pager de NeuraLink prouve à quel point l’entreprise a progressé dans ses efforts pour atteindre ses objectifs.

En février, Elon Musk semblait espérer que les essais sur l’homme pourraient commencer d’ici fin 2021. Les premiers essais cliniques porteront sur des personnes atteintes de paraplégie ou de tétraplégie, résultant d’une lésion de la moelle épinière de la colonne vertébrale.

Le plan pour ce premier essai est de recruter un petit nombre de ces personnes afin de tester l’efficacité et la sécurité de la technologie.

Il a déclaré que Neuralink était presque prêt à entamer des discussions avec la FDA, la Food and Drug Administration, l’autorité sanitaire américaine qui régule le secteur agroalimentaire et pharmaceutique.

neuralink

Musk avait déjà annoncé l’année dernière que la société avait reçu en juillet 2020 la désignation Breakthrough Device (« Dispositif Révolutionnaire”) de la FDA et que la société « se prépare à une première implantation chez l’homme prochainement, en attendant les autorisations requises et des tests de sécurité supplémentaires ».

3 – Neuralink divise la communauté scientifique

Alors, il n’y a pas de doute sur le fait qu’un implant cérébral digne de Cyberpunk 2077 ne fait pas l’unanimité, notamment au sein de la communauté scientifique.

Des doutes persistent quant au fait que les implants soient sans danger pour les humains. Lors de la démonstration de 2020, un autre cochon, appelé Dorothy, avait eu un implant installé puis retiré.

« Ce que Dorothy illustre, c’est qu’il est possible d’installer le Neuralink, de le retirer et de rester en bonne santé, heureux et indiscernable d’un cochon normal »,

a déclaré Musk. Cela sera important pour les utilisateurs humains, a-t-il ajouté, car ils pourraient vouloir retirer ou améliorer leurs implants.

« Ils ont minimisé les dommages potentiels au cerveau, mais ces dommages ne sont parfois pas facilement observables, même chez les humains, et encore moins chez les porcs », explique Timir Datta-Chaudhuri, de l’Institut Feinstein de recherche médicale de New York. « On ne sait pas si le cochon a maintenant une injure ou si les autres cochons ne le fréquentent plus parce qu’il agit bizarrement. »

neuralink cochon

Outre les doutes sur la sécurité des utilisateurs, certains membres de la communauté scientifique ne sont pas très impressionnés par la présentation de Musk et l’ont fait savoir.

En parlant de la présentation de 2020, Andrew Jackson, professeur d’interfaces neuronales à l’université de Newcastle, en Angleterre, a déclaré: « Je ne pense pas qu’il y ait eu quoi que ce soit de révolutionnaire dans la présentation ». Reste à voir ce que la communauté scientifique pense de la démonstration de vendredi dernier.

Pong est un classique des interfaces cerveau-machine. Déjà en 2006, Matthew Nagle, un homme paralysé de 26 ans, réalise un exploit similaire à celui de Pager le macaque avec quatre jours d’entraînement.

En 2015, un tétraplégique est parvenu à boire une bière en contrôlant un bras robotisé à travers un implant cérébral que des scientifiques de l’université Caltech à San Francisco lui ont implanté 3 ans auparavant.

tétraplégique controle un bras robot

Même s’il s’est dit impressionné par la technologie de NeuraLink, le Pr. Jackson se montre sceptique quant à l’idée de l’utiliser pour lire et écrire des souvenirs et améliorer les fonctions cérébrales.

Disons que malgré toutes ses réalisations, Musk a tendance à exagérer la vitesse à laquelle sa technologie va progresser et à être hyper optimiste.

Tellement optimiste que certaines mauvaises langues font reference au temps “Elon Musk”! Une année Elon Musk équivaudrait à 2 ou 3 ans d’une année normale. Par exemple si Elon musk vous annonce quelque chose pour dans 1 an, vous pouvez être sûr que ça sera fait dans 2 ou 3 ans.

Il y a quatre ans, il a dit que d’ici deux ans, une Tesla serait capable de traverser les États-Unis en solitaire, en s’arrêtant toute seule pour se recharger en cours de route. Cela semble maintenant encore irréalisable, mais on s’en rapproche de plus en plus avec les Nouvelles versions de leur logiciel d’autopilotage.

Mais le grand avantage des visionnaires de la tech est qu’ils voient grand. Et même si des retards sont à ajouter au calendrier, il ne faut pas oublier que jusqu’ici Elon Musk a réaliser à peu près TOUT ce qu’il a annoncé.

Alors qui veut parier contre Elon Musk?

 

4 – Conclusion

Bref vous l’aurez compris, Neuralink marquera un tournant dans la symbiose entre l’homme et la machine, aussi appelée transhumanisme.

Que ce soit en bien, ou en mal, lorsqu’on parle de transhumanisme, nombreuses sont les craintes et les questions éthiques que cela soulève.

Pour Elon Musk, le transhumanisme est l’unique voie capable de protéger l’Humanité face aux intelligence artificielles qui nous seront supérieures en tout point, d’où son tweet de l’année dernière:

Traduisez:

Si vous ne pouvez pas les battre, devenez leur allié.

Je vous laisse méditer là dessus!

Et vous, vous en pensez quoi ? Le nouvel implant neuronal de NeuraLink est-il un espoir pour l’humanité ou le début d’un futur dystopique? La télépathie est-elle à portée d’esprit ou devrait-on encore attendre pour pouvoir faire des parties de FIFA sans manette?

N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez en commentaire

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